Fille au pair : un simple mode de garde ?

Fille au pair : un simple mode de garde ?

Faire garder son enfant ne se résume pas à choisir une crèche, une assistante maternelle ou une baby-sitter. Parmi les solutions qui existent, il y en a une qui repose avant tout sur une aventure humaine : l’accueil d’une fille ou d’un garçon au pair.

Le principe ? Un jeune venu d’un autre pays est accueilli au sein d’une famille pour partager son quotidien, tout en participant à la garde des enfants. Bien plus qu’un simple mode de garde, cette expérience repose sur la confiance, les échanges culturels et les liens qui se créent au fil des mois. 

Pour mieux comprendre ce que représente cette aventure, nous avons rencontré Marthe, 28 ans, qui vit depuis un an et demi à New-York auprès d’une famille américaine. Dans cet entretien, elle nous raconte son quotidien, ce que cette expérience lui a apporté… et pourquoi elle la recommande aussi bien aux familles qu’aux futurs au pair. 🌎

Peux-tu te présenter et nous parler de ton quotidien à New-York ?

Marthe : “Je m’appelle Marthe, j’ai 28 ans et je suis fille au pair à New-York depuis un an et demi.” 

“Quand je suis arrivée, le petit garçon dont je m’occupe n’avait que trois mois. Aujourd’hui, il a presque deux ans. Je passe mes journées avec lui : je l’accompagne à ses activités, je gère ses siestes, les repas, les sorties… Je suis vraiment à chaque étape de son développement.”

“Ce que j’aime particulièrement avec ce rôle c’est que je fais pleinement partie de la famille. Je vis chez eux, au cœur de leur quotidien, tout en ayant mon propre espace.”

Et qu'est-ce qui t’a donné envie de devenir fille au pair ?

Marthe : “J’ai vécu deux expériences comme au pair. La première, à 20 ans, est arrivée après une année d’études que je n’avais pas validée. Je ne voulais pas rester sans rien faire, alors je suis partie à Boston pour améliorer mon anglais et découvrir une nouvelle culture.”

“Quelques années plus tard, je me suis dit que si je voulais revivre cette aventure, c’était ma dernière chance puisque j’approchais de l’âge limite. Cette fois, je voulais une immersion complète dans une famille anglophone pour revenir réellement bilingue.” 

Comment as-tu choisi ta famille d’accueil ?

Marthe : “J’avais déjà vécu une première expérience auprès d’un bébé, alors je savais que je voulais retrouver cette tranche d’âge. Grâce à l’agence avec laquelle je suis passée, j’ai pu échanger avec plusieurs familles via une application avant de faire mon choix, un peu comme si j’étais sur Tinder ! Au-delà de l’âge de l’enfant, c’est surtout le feeling qui a compté.” 

“Pour ma part, je trouve aussi très rassurant quand les agences, comme celle avec laquelle je suis arrivée aux Etats-Unis, rencontrent les familles avant le départ. Cela permet de partir avec davantage de sérénité.”

Est-ce que tu pourrais, un jour, accueillir toi-même un ou une au pair ?

Marthe : “Oui, sans hésiter. En revanche, je pense qu’il est important de pouvoir offrir un vrai espace personnel à la personne qu’on accueille. Pour moi, avoir une chambre, avec idéalement une salle de bain à part ou une entrée indépendante, permet à chacun de préserver son intimité et son autonomie.”

“En contrepartie, je trouve qu’une fille au pair apporte énormément au quotidien. C’est quelqu’un avec qui on développe un vrai lien de confiance, qui connaît la maison, les habitudes des enfants, et qui devient presque un troisième parent dans la famille.”

Quel conseil donnerais-tu aux familles qui recherchent un ou une au pair ?

Marthe : “Je leur dirais d’être honnêtes dès le départ. Il ne faut pas chercher à faire plaisir ou à promettre des choses qui ne correspondent pas au fonctionnement qui sera appliqué sur place. Il vaut mieux expliquer clairement les attentes, quitte à sembler stricts, pour éviter les fausses promesses.”

“Je conseille aussi d’instaurer des moments réguliers pour échanger tous ensemble ! Par exemple, un repas en famille chaque semaine, pour créer des espaces pour parler facilement de ce qui fonctionne bien… ou moins bien.”

Que dirais-tu aux familles qui hésitent encore à se lancer ?

Marthe : “Je leur dirais qu’il ne faut pas avoir peur d’essayer ! Et si cela ne convient pas, il sera toujours possible de changer de mode de garde. Mais si l’on souhaite que son enfant noue une vraie relation avec la personne qui s’en occupe, une fille au pair est une belle solution. C’est un vrai soutien au quotidien, un soulagement qui permet d’alléger la charge mentale des parents pour privilégier des moments de partage avec leurs enfants.”

Et aux jeunes qui hésitent à devenir au pair ?

Marthe : “Je leur dirais simplement : foncez !”

“On découvre un pays, une culture, une langue, mais surtout des personnes extraordinaires. On vit dans des endroits où l’on ne se serait peut-être jamais imaginé vivre un jour, et on grandit énormément. 

Si je n’étais pas au pair, est-ce qu’un jour j’aurais eu une chambre avec vue sur Brooklyn ? Bref, c’est une expérience qui ouvre tellement de portes !”

Avec le recul, quel souvenir gardes-tu de cette nouvelle expérience ?

Marthe : “Que c’est une aventure humaine vraiment belle.”

“Aujourd’hui, je suis toujours en contact avec les familles que j’ai rencontrées. Je me surprends même à penser que j’aimerais les inviter à mon mariage, en imaginant une table spécialement pour mes familles anglophones.”

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Et vous ?

Que vous soyez parent à la recherche d’un mode de garde différent ou futur au pair prêt à vivre une expérience à l’étranger, l’histoire de Marthe nous rappelle une chose essentielle : au-delà de l’organisation facilitée au quotidien, des horaires et des responsabilités, c’est avant tout une expérience humaine qui s’écrit. 

Finalement, choisir une fille ou un garçon au pair, c’est souvent ouvrir la porte à bien plus qu’un mode de garde. C’est accueillir une personne dans sa famille, avec tout ce que cela implique de découvertes, d’ajustements et surtout de belles surprises. 💛

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@tajinebanane